Nagham Hodaifa explore le thème du miroir, «maître des peintres», selon Leonard de Vinci. Il est chez l’artiste, bien plus qu’une surface polie qui réfléchit la lumière, mais un outil de contemplation, de rêverie, d’observation du temps qui passe. Il est aussi le lieu de la recherche de soi, d’une mise en abîme qui permettrait d’accéder à une vérité intérieure. Variations sur un même thème, la série Matières spéculaires, revêt aussi une valeur métaphorique. Elle pose sans équivoque la question de notre rapport complexe à nous-mêmes et à l’autre, dans la dualité de fait, entre l’image et la réalité matérielle, entre l’autre et soi ; espace fragile que celui entre l’autre et soi qui est pourtant le terreau de l’altérité, de l’inspiration et de la création artistique. Sur des toiles de grands formats, où l’artiste trouve le terrain adéquat pour exprimer sa fougue et la liberté de sa touche, se déploient des couleurs vibrantes. Les pigments broyés à l’atelier (à l’ancienne), se déploient dans des dominantes de verts (vert canard, vert bleuté, vert émeraude, vert anglais, vert Véronèse …), parfois rééquilibrés par des rouges flamboyants et des couleurs or. C’est une matière épaisse qui recouvre la toile, déposée énergétiquement, dans un corps à corps avec la peinture qui dit aussi, tout simplement, le bonheur de peindre.