Irving Petlin


Né à Chicago en 1934, IRVING PETLIN est admis à l’âge de 17 ans à l’Art Institute of Chicago où il rencontre des artistes influents comme Horace Clifford Westermann, Claes Oldenburg, Leon Golub, Nancy Spero, Seymour Rosofsky et June Leaf. Comme beaucoup d’artistes de sa génération, il commence par explorer dans les années 1950 l’abstraction qui le laisse rapidement insatisfait. Peu à peu, en partie au contact des collections de l’Art Institute et de certaines grandes expositions sur Munch, Cézanne, Van Gogh et particulièrement Redon, Petlin rejette définitivement la peinture non-figurative, précisant qu’il y « manque l’empreinte humaine, les visages à regarder, le regard qui vous saisit ».

Ainsi, tôt dans sa vingtième année, Petlin décide de se concentrer sur une figuration inventive, reflet de son monde intérieur à la fois intellectuel et mystique. Un monde intérieur devait toujours rester poreux et refléter la réalité extérieure, qu’elle soit celle de son appartenance à la culture juive ou celle de la guerre du Vietnam contre laquelle il proteste dans les années 1970, celle de l’inégalité raciale ou encore, bien plus tard, en 2005, celle d’une politique américaine qui devait mener à la guerre en Iraq et à la déstabilisation de toute une région.

Etranger aux mouvements dominants de l’Abstraction expressionniste, du Pop Art, de l’Op Art et du Minimalisme, Petlin s’installe de 1959 à Paris. Il y fréquente la Galerie du Dragon où il participera à de nombreuses expositions et devient un membre actif du monde de l’art parisien, fréquentant Jean Hélion, Alberto Giacometti, Balthus, Max Ernst et Roberto Matta. En 1970, il reçoit le Guggenheim Fellow Award et travaille de plus en plus le pastel qu’il maniera de façon magistrale et pour lequel il sera toujours mieux reconnu, exposant en 1978 au Neuberger Museum à Purchase (New York) et ensuite régulièrement à la Marlborough Gallery.

Petlin travaille souvent sur de grands thèmes qu’il regroupe en séries picturales. Dans les années 1980, il révèle son goût pour certains auteurs contemporains, tels que Primo Levi, Paul Celan ou Edmond Jabès et réalise plusieurs cycles sur toile ou sur papier qui, sans illustrer leurs écrits, s’en inspirent et témoignent d’un identique refus de la forme conventionnelle de narration réaliste.

En 1990, il s’installe définitivement à Paris. Toutefois, s’accommodant mal des frontières figées, il retourne régulièrement aux Etats-Unis, dans sa maison de Martha’s Vineyard, où il peint pendant l’été. Au-delà des raisons personnelles qui le poussent à ce mouvement de balancier, ces traversées régulières de l’Atlantique lui permettent de garder un œil vigilant sur les réalités d’un monde qui, sans lui plaire tout à fait, aura toujours nourri son œuvre.